L’Atlas linguistique et ethnographique de la Gascogne (éd. du CNRS) montre que les habitants du centre et nord Gascogne connaissaient vers 1950 les mots pour désigner ce type d’instrument. Ainsi le pifre ou pihérèt, décrit comme « une fllûte traversière à 6 trous, instrument de berger des Landes et de Gironde », est connu de la Gironde jusqu’au Gers, mais aussi d’une partie de la Dordogne, du Lot-et-Garonne et de presque toutes les Landes. Par extension, il désigne parfois d’autres instruments à vent tels que l’ocarina, lui aussi très populaire, quand ce n’est pas la flûte à trois trous.
Le pifre des bergers, partout en Gascogne, est souvent en roseau ou sureau, percé de six trous et d'une embouchure.
Toutefois, à l’image d’autres régions d’Europe, les joueurs de fifre du nord Gascogne utilisent un instrument de facture moins rudimentaire : en bois tourné (buis, ébène ou grenadille), de perce cylindrique, pouvant posséder sept trous ; et depuis le XVIIème siècle, une clé. Il ne faut toutefois pas confondre cet instrument avec les piccolos baroques ou romantiques de facture plus élaborée.
Sa tessiture est, dans le meilleur des cas, de deux octaves et une quinte, sa tonalité selon l'usage et les lieux en ré bémol, ré et plus généralement mi bémol dans le nord de la Gascogne. Ses possibilités chromatiques, bien que limitées et très rarement exploitées aujourd'hui dans la tradition populaire, lui permettent de jouer dans les tons voisins de la bémol majeur, si bémol majeur (qu'il ait six ou sept trous) et fa majeur (lorsqu'il possède une clé).