
Proche de la
txanbela souletine,
le clarin pyrénéen l’est lui aussi : tout d’abord, par la présence d’un trou d’octave situé sous l’instrument (aucun hautbois français n’en possède) ; ensuite, peut-être, par le biais d’un jeu très particulier de soutien au chant, consistant en l’alternance, par le hautboïste, de phrases chantées et de motifs instrumentaux, dans un répertoire de poèmes chantés et de complaintes héroïques.
A la différence du claron, dont on ne connaît aucun spécimen mais qui semblait assez répandu aux XVIIe et XVIIIe siècles et dont certains auteurs nous disent qu’
il mesurait de 30 à 45 centimètres ,
le clarin est de plus petite taille et donc de registre plus aigu, d’où son nom, le mot « clair », dans le vocabulaire musical historique, renvoyant à un son à la fois puissant et aigu. Simin Palay le décrit ainsi :
« Il était, avec la flûte, l’instrument de musique préféré des montagnards pyrénéens ; on en trouvait aussi quelques-uns dans la plaine. On le faisait soit en buis, soit en hêtre, très secs, et de longueurs différentes allant de 25 à 40 centimètres ; ordinairement percé de sept à huit trous, dont un en dessous dans le haut, le clari pouvait, s’il était bien percé (…) donner deux octaves. L’anche (espiule) était faite soit de corne, soit de roseau, soit même de grosse plume d’aigle ou de jars. Le petit clari avait des sons aigus et aigres ; le grand, appelé souvent clarou, les avait plus doux. Ils sont aujourd’hui des objets de musée. »
Là aussi, il semble que les aires de jeu se soient rétrécies au fil du temps. Le claron, attesté par Arnaudin dans la Grande Lande et présent dans la plaine et le piémont aux XVIIe et XVIIIe siècles, a depuis longtemps complètement disparu. Quant au clarin, largement cité par les poètes béarnais des XVIIIe et XIXe siècles, sa pratique semble s’être maintenue dans les premières décennies du XXe siècle surtout en Vallée d’Aspe et Bigorre, Lavedan et Pays Toy. L’instrument fait l’objet, depuis le début des années 1990, d’un renouveau notable, tant en Bigorre qu’en Béarn, mais dont la portée reste encore limitée.