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En Périgord, on jouait au XIXème siècle des cornemuses de types différents, généralement nommée chabretas en occitan.
Le terme charmela fut également employé dans le nord-est de la Dordogne. En français, c’est le mot « musette » qui servait à désigner la cornemuse. Chabreta est le nom donné aux cornemuses dans tout le Limousin limitrophe, mais l’auvergnat cabreta n’est qu’une variante linguistique de cette même désignation.
Avec la francisation des termes, intervenue essentiellement au XXème siècle, ont voit apparaître des attributions plus restrictives : « cabreta » devient « cabrette » en Français, et désigne la cornemuse à soufflet utilisée et fabriquée dans la colonie auvergnate de Paris.
Or, ce type d’instrument va connaître une diffusion dépassant largement son territoire d’origine – le 11ème arrondissement de Paris – pour être adoptée par les Auvergnats d’Auvergne, puis en Limousin, Creuse, Morvan, Périgord… où elle remplacera les cornemuses locales plus anciennes.
En Périgord, elle se généralise à partir des années 1880, portée par la dynamique des milieux félibréens puis folkloristes. Dans les années 1930, Lemousi sera un illustre praticien de cette cornemuse « moderne » dont l’histoire n’est pas sans rappeler le développement de la pratique de la bourrée. Aux côtés de la vielle, elle fait aujourd’hui figure d’instrument emblématique de la région.


La chabreta ancienne,
telle qu’elle fut jouée en Périgord au XVIIIème siècle et jusqu’à la guerre de 1914 sans doute, relevait d’une organologie particulière, qui doit être affiliée à celle des instruments joués et fabriqués en Limousin tout proche. Il s’agit de ce que nous nommons aujourd’hui la «cornemuse à miroirs  du Limousin» , que le grand public désigne sous le vocable francisé de « chabrette ». Cette cornemuse possède un hautbois de perce conique à anche double, un petit et un grand bourdon de perce cylindrique à anche simple de type clarinette. Ces caractères généraux sont aussi ceux des cornemuses du Centre-France, et correspondent à la description que fait
Mersenne de la « cornemuse des
bergers dans son Harmonie
Universelle en 1636.



En cela les variantes observées sur les « chabretas » sont les suivantes, et relèvent à la fois de la technique et de l’esthétique : Le gros bourdon est porté latéralement et repose sur le bras du musicien. Le hautbois possède une petite clef double articulée par le petit doigt et permettant d’obtenir la sous-tonique. Cette clef est protégée par une fontanelle, comme sur les hautbois Renaissance, ou les « zampognas » cornemuses d’Italie du sud. De même, le large pavillon est rattaché au hautbois Le boîtier-tête est décoré de miroirs évoquant une symbolique chrétienne (miroirs, ostensoirs…) Le corps de l’instrument est parfois parcouru de dessins à l’acide. Les tonalités sont aigues (de Sib à Ré)

Dernière mise à jour : ( 19-12-2006 )