telle qu’elle fut jouée en Périgord au XVIIIème siècle et jusqu’à la guerre de 1914 sans doute, relevait d’une organologie particulière, qui doit être affiliée à celle des instruments joués et fabriqués en Limousin tout proche. Il s’agit de ce que nous nommons aujourd’hui la «cornemuse à miroirs du Limousin» , que le grand public désigne sous le vocable francisé de « chabrette ». Cette cornemuse possède un hautbois de perce conique à anche double, un petit et un grand bourdon de perce cylindrique à anche simple de type clarinette. Ces caractères généraux sont aussi ceux des cornemuses du Centre-France, et correspondent à la description que fait
Mersenne de la « cornemuse des
bergers dans son Harmonie
Universelle en 1636.
En cela les variantes observées sur les « chabretas » sont les suivantes, et relèvent à la fois de la technique et de l’esthétique : Le gros bourdon est porté latéralement et repose sur le bras du musicien. Le hautbois possède une petite clef double articulée par le petit doigt et permettant d’obtenir la sous-tonique. Cette clef est protégée par une fontanelle, comme sur les hautbois Renaissance, ou les « zampognas » cornemuses d’Italie du sud. De même, le large pavillon est rattaché au hautbois Le boîtier-tête est décoré de miroirs évoquant une symbolique chrétienne (miroirs, ostensoirs…) Le corps de l’instrument est parfois parcouru de dessins à l’acide. Les tonalités sont aigues (de Sib à Ré)